La création de valeur à l’épreuve du changement
Dans un marché aux multiples mutations, les fonds doivent repenser leurs leviers de croissance. ESG, digital, thèses sectorielles aff ûtées… Nicolas Goninet et Florent Chapuis, associés chez Advancy, décryptent les leviers d’investissement qui façonnent la nouvelle donne.
Quels sont les leviers actuels de création de valeur post-deal ?
Nicolas Goninet : On observe une montée en puissance des plans de création de valeur, pensés très en amont des processus de ventes, combinant un triptyque fort : stratégique, opérationnel et financier. Le digital et l’ESG deviennent des piliers structurants : omnicanalité, digitalisation de l’offre, capacité à faire levier sur les données clients mais aussi décarbonation ou sobriété énergétique. On constate une volonté d’activer ces leviers dès le jour 1 du deal, pour générer un avantage compétitif durable.
Florent Chapuis : Le build-up reste un classique, mais il est désormais beaucoup plus structuré, et ce dès l’origine. On cartographie les cibles, on anticipe les synergies, une réalité particulièrement dans les services B2B à faible intensité capitalistique. Cette rigueur en amont explique la montée des processus préemptés : les sponsors sont mieux préparés, plus rapides et plus compétitifs.
L’ESG est-il devenu un critère différenciant dans les deals ?
F. C. : C’est à la fois un filtre initial et un levier de valorisation. Certaines cibles sont désormais exclues à cause de leur empreinte carbone. À l’inverse, une stratégie ESG solide peut attirer des fonds dédiés, faciliter l’accès au capital, améliorer les multiples de sortie. C’est aussi une exigence croissante des LPs et des banques, qui y voient un marqueur de performance durable.
N. G. : C’est une case à cocher obligatoire dans toute due diligence, et les vendeurs s’y préparent mieux : on voit apparaître de véritables plans ESG dès la mise en vente, ce qui était rare il y a encore peu.
Quels secteurs jugerez-vous les plus porteurs en 2025 ?
N. G. : On note une baisse des transactions en volume et une légère croissance en valeur sur Q1 25. Le secteur de la santé continue à bénéficier d’une belle dynamique, porté par des fondamentaux solides, du Consumer Health, medtech, aux services à la santé.
F. C. : La transition énergétique reste un axe fort – solaire, éolien, économie circulaire – mais tributaire des politiques publiques. La cybersécurité et les services B2B capital-light sont très dynamiques. L’agritech, suscite aussi un intérêt croissant dans une logique de durabilité.

