L’étude réalisée par Advancy pour le compte de l’UIC (Union des Industries Chimiques) est reprise dans Les Echos

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La Chimie Française maintient le cap et gagne en compétitivité. Elle pourrait créer 60.000 emplois d’ici 2030.

La chimie française maintient le cap et gagne en compétitivité

ANNE FEITZ

Malgré les conflits sociaux du printemps, la filière prévoit une croissance de 1 % cette année. Elle pourrait créer 60.000 emplois d'ici à 2030.

La chimie française se porte bien, malgré un contexte macroéconomique compliqué. Selon l'UIC (Union des Industries Chimiques), le secteur devrait afficher une croissance en volume de 1 % cette année. C'est un peu mieux que l'an dernier (+0,9 %), mais moins bien que 2013 et 2014, qui avaient été des années de forte croissance. « Nous tenons le cap », s'est félicité mardi le président de l'UIC, Pascal Juéry. « A fin août, la croissance s'élevait à 1,2 % malgré un deuxième trimestre fortement affecté par les conflits sociaux ».

La filière bloquée par les grèves du printemps

Tout l'amont de la filière a été bloqué par les grèves du printemps, notamment dans les raffineries : elles ont entraîné un recul de 9,1 % dans la chimie minérale (gaz industriels, produits minéraux, colorants, pigments) et de 7 % dans la chimie organique (produits de base, matières plastiques) entre avril et juin. Plus en aval dans la chaîne de valeur, la chimie de spécialités (peintures, vernis, adhésifs, lubrifiants) a en revanche continué de tirer le secteur (+10 % au deuxième trimestre).

Pas de dégradation des marges

La dégringolade des cours du baril a entraîné une forte chute des prix (-7 % sur huit mois, après -4,8 % en 2015 et -2,9 % en 2014), qui provoquera une baisse d'environ 5 % du chiffre d'affaires du secteur cette année. Mais attention, insiste Pascal Juéry, ce recul n'augure pas d'une dégradation des marges : les industriels ont simplement répercuté le coût des matières premières. Cette baisse des prix leur a même permis d'améliorer leur compétitivité par rapport à leurs grands concurrents des Etats-Unis ou du Moyen-Orient. Le secteur est resté fortement exportateur, avec un excédent de 5,1 milliards d'euros entre janvier et août, et un taux de couverture de 1,16 %.

Les professionnels veulent aussi profiter des élections prochaines pour faire passer des messages. « Le potentiel de croissance du secteur est bien supérieur à celui que nous affichons aujourd'hui », a souligné Pascal Juéry. Dans une étude réalisée pour le compte de l'UIC et de la Direction générale des entreprises du ministère de l'Industrie, le cabinet Avancy estime que le secteur pourrait afficher une croissance de sa valeur ajoutée de 2,55 % par an à horizon 2030 (de 17 à 24 milliards d'euros) et créer 60.000 emplois (en plus des 163.000 actuels), si certaines conditions étaient réunies.

« La chimie française a de nombreux atouts, avec de vraies filières d'excellence et une forte dynamique de recherche et d'innovation», a expliqué Pascal Juéry. « Mais elle a besoin d'une énergie compétitive, d'une fiscalité plus stable et d'une réglementation simplifiée : nous sommes confrontés à une inflation réglementaire unique en Europe, et impossible à appréhender pour les PME . Il faut aussi promouvoir l'attractivité des 17 plate-formes chimiques et favoriser le développement des filières innovantes ».

Par exemple, les start-ups qui naissent en France grâce au dispositif du Crédit d'Impôt Recherche doivent implanter leurs usines dans l'Hexagone, et non à l'étranger comme c'est parfois le cas aujourd'hui, poursuit-il. Les industriels présenteront leurs propositions concrètes aux candidats d'ici quelques mois.

@afeitz

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